_Chapitre 2
___ Des larmes, des torrans de larmes dévalaient sur mes joues, alors que je restais immobile derrière le volant de ma voiture, restée garée devant la maison de l'homme qui venait de réduire mon coeur en miettes.. Puis, soudain une sorte de pulsion, un élan de force me poussa à demarrer en trombe & à m'enquiller avec rage sur la route. Je séchais brièvement mes yeux, en essayant de me concentrer un minimum sur ma conduite. En un rien de temps, la tristesse & la culpabilité, avaient laissé place à une haine écrasante. Comment avait-il pû m'abandonner de la sorte, au bout de deux ans d'un amour frôlant la perfection ? Je ne comprenais pas. Je ne voyais pas ce que j'avais bien pû faire de travers, pour susciter une telle réaction chez lui.. J'étais une fiancée "parfaite", me répétait-il à longueur de temps.. Sachant, que je n'ai jamais changé d'attitude face à notre vie de couple, j'étais d'autant plus perdue & furieuse qu'il me laisse, comme ça.
- Je te promets Gauthier.. Je saurai le pourquoi du comment ! Tu ne m'auras pas comme ça.. sussurais-je, énervée.
___ Mes doigts se crispaient & mes dents se serraient au fur & à mesure que les minutes s'écoulaient. C'était cette haine, qui montait encore & encore, qui s'emparait de mes veines & de mes membres raidis. Le regard fixé sur la route, je sentais en moi une colère effroyable, prête à exploser, une force colossale qui me fît accélérer. Je décidais donc, d'essayer de me détendre en allumant la radio. Malheureusement au moment où celle-ci se mit en marche, la chanson "
Need" d'Hana Pestle, passait à l'antenne.. Une composition incroyablement belle, mais monstrueusement déprimante. Les larmes recommençèrent à couler vivement, sans même qu'il me soit possible d'éteindre ce foutu poste; comme si une force surhumaine m'en empêchait.. C'est alors qu'une vague de tristesse & de manque vint de nouveau me submerger entièrement.
- I'm not quite sure how to breathe
Without you here
I'm not quite sure if I'm ready to say goodbye
To all we were.. chantais-je tout bas, avant de m'arrêter sur le bord de la route & d'éclater en saglots.
___ Je pleurais bruillament, tout en frappant violement sur le tableau de bord. J'avais cette impression horriblement désagréable d'étouffer ou alors que j'allais exploser, je me suis mise à suffoquer. Rien, aucune pensée ne me venait pour m'apaiser; & cette chanson qui me paraissait interminable.. Tout aussi brusquement que j'avais démarrer, tout à l'heure, je sortis de ma voiture. Je devais prendre l'air. Le vent fouettait mon visage, si fort, que l'on aurait pû croire qu'il voulait me résonner & faire cesser ces pleures.. D'ailleurs, ils s'arrêtèrent. La vue de la mer, me calmait, je crois bien, comme lorsque j'étais encore une petite fille. Après, approximativement une demie-heure de tête à tête avec l'immense étendue d'eau sâlée, je décidais de reprendre le chemin de chez ma mère.
___ Remontant dans ma voiture, je pris soins d'éteindre la radio; je voulais éviter un autre "drame".. La mer m'avait réellement calmée, même si elle n'avait, malheureusement, pas tout arrangé. Ca aurait été trop beau. Je roulais, admirant la beauté remarquable, de ces plages, ces rochers, du soleil se reflétant superbement sur l'eau & des quelques mouettes qui tournouillaient gracieusement dans le ciel. Elles paraissaient si libres & loins de tout, que j'aurai donner n'importe quoi pour être à leur place, ne serai-ce que quelques heures.. Environ quarantes minutes que je circulais à présent, sur ces routes zizaguantes, mais prise à ma rêverie, je ne m'en étais pas rendu compte. Il ne me restait plus qu'un petit quart d'heure, avant de pouvoir me blottir dans les bras de ma douce maman..
___ La nuit commençait à tomber signe que les jours raccoursissaient & que j'étais restée un certain temps devant chez Gauthier, immobile à ne rien faire d'autre que pleurer, pleurer & pleurer. J'adorais le crépuscule avec ces lumières rasantes, aux teintes orangées, je trouvais ça beau. J'étais seule sur la route, aucune voiture, aucun bruit, mis à part celui de mon moteur, ronronnant.
___ L'entrée de la ville, enfin.. Le paysage de la celle-ci, gris, bétonneux & triste, étant nettement moins agréable, que la belle nature, qui l'avait précédé, Gauthier revint à toute vitesse dans mon esprit, me frapper de la dure réalité, qui m'avait forcée à trouver réconfort, ici. Je passais la rue Grande, pour récupérer la rue Dorée; ça y'est j'y étais. Je me garais, me dirigeais rapidement vers la porte & toquais fermement. Elle m'ouvrit, ses grands yeux bleus étonnés de me voir devant elle.
- Annaëlle ?! s'écriat-elle.
- Maman.. dis-je, en baissant le tête.
- Ca ne va pas ? me demanda-t-elle, inquiète.
- Non..
- Entre, donc ! proposa-t-elle, en me prenant dans ses bras.
___ Dans la maison, ça sentait la cannelle; elle adorait la cannelle.. Moi aussi. Cette odeur me faisait tant de bien & me rappellait tellement de souvenir, qu'un sourir niais se dessina sur mon visage, tandis que ma mère nous préparait quelques petites choses à grignoter & de quoi me réchauffer. Elle revînt, au salon, chargé de gâteaux secs & d'une grande tasse de chocolat chaud, comme lorsque j'étais enfant. Une fois, qu'elle fût installée à côté de moi, mon réflexe de petite fille, me fit me blottir contre elle. & de là, je lui expliquais ce qui m'avait ammenée ici; & pour ne pas changer, des larmes perlaient de nouveau sur mes joues. Elle me consola, me fît même rire & m'embrassa amoureusement sur le front.
- Tu peux restée le temps que tu veux ma puce.. dit-elle, souriante.
- Merci beaucoup Maman.. Mais je ne voudrai pas déranger..
- Mais tu es ma fille ! mon bébé ! Comment pourrais-tu me déranger ?! s'exclama-t-elle.
- Merci ! répondis-je, en la serrant de nouveau dans mes bras.
___ Il était maintenant 20:00, le dîner n'allait pas tarder, comme avant, nous allions manger à 20:30. Malheureusement, il manquait une plaquette de beurre, alors c'est gentillement que je me proposais d'aller en acheter à la superette qui se trouvait à l'autre bout de la ville.
- Non mais ! A-t-on déjà vu des bretonnes, sans beurre ?! me lança-t-elle en riant, avant que je franchîsse le pas de la porte.
- Surtout pas toi ! plaisantais-je.
- Fais attention sur la route.
- Oui, à toute à l'heure M'man ! dis-je, en me rendant à ma voiture.
___ Elle avait réussi à me consoler, elle seule en était capable. Elle était fabuleuse. Je démarrais douçement. Il faisait nuit noire, malgré les lampadaires de la ville, tout semblait lugubre, même un peu effrayant. Je roulais calmement, dans les rues désertes. Il n'y avait pas grand monde, à croire que le temps avait arrêté de tourner.. L'espace de quelques instants j'ai tourné la tête à gauche, un chien éran avait attiré mon attention. Mais soudainement, quand j'ai réorienté mon regard vers la route.. Il était là !
Ce chapitre, est un peu long..
J'espère quand même qu'il
vous aura plût.. (yn) :)
Morgane V.
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